Demandez le Programme
Votre agenda culturel
Archives des arts de la scène
Site d’archive · Les informations sont conservées à leur date de publication.

Les gens bien n'osent plus sortir le soir

2013-11-25

Affiche du spectacle
Dates
2013-11-25 — 2013-11-30
Lieu


Institution
Fiche du lieu
Catégorie
Théâtre
Mis en scène par Eric De Staercke, le nouveau spectacle de la Fabuleuse Troupe (Dominique Rongvaux et Stéphanie Van Vyve, ici avec Caroline Lambert et Corentin Lobet)
_
_ "Vous saviez, vous, que les rouquins ont une odeur ?
_ Et si votre patron vous disait, « Mon cher, vous êtes communiste ? Ou juif ? Ou pédéraste ?
_ Et vous, comment vous vous sentez ? Ça va ? »
_ Ça ! de nos jours, les gens bien n'osent plus sortir le soir. Avec ces gnoufs, juifs, bougnouls et autres bicots. Même en vacances. Faut se méfier."
_
_ "Les gens bien n'osent plus sortir le soir" regroupe des pièces coup de poing drôles et féroces de Jean-Claude Grumberg qui nous invitent à nous poser sérieusement la question de notre identité et de notre rapport à la différence. Et ne nous laisse pas y échapper...
_
_ Textes Jean-Claude Grumberg
_ Mise en scène Eric De Staercke
_ Avec Caroline Lambert, Corentin Lobet, Dominique Rongvaux et Stéphanie Van Vyve
_ Décorateur Pierre Legrand et Pauline Picry
_ Création sonore Sébastien Schmitz
_ Régie Serge Bodart
_ Assistante à la mise en scène Barbara Van Dievel
_ Une production de La Fabuleuse Troupe. En coproduction avec le Théâtre Loyal du Trac et les Riches-Claires.
_
_ Critique du SOIR :
_
_ "Prenez une grande inspiration avant de pénétrer dans la salle car, dès les premières minutes, votre mâchoire se ramasse l'haleine putride et asphyxiante des personnages peuplant cette galerie d'individus mesquins et racistes, héros médiocres de Jean-Claude Grumberg. Piochant dans l'oeuvre de l'auteur, le metteur en scène Eric De Staercke compose un tableau peu reluisant de notre humanité, concentrant en quelques saynètes ce que l'homme peut exsuder de vanité, avidité et intolérance.
_ Tout commence avec une famille française en vacances à l'étranger. Le père, insupportable franchouillard, se méfie de tout, de la qualité des mets à l'honnêteté du restaurateur. Il rabroue sa petite famille et s'adonnant au racisme le plus primitif. Quelques éléments de décor sur roulettes plus tard, voici un employé inoffensif, chaque jour affublé par son collègue d'une nouvelle étiquette : pédéraste, communiste, juif, franc-maçon. Rapportant ces faits le soir à sa femme, il ne trouve auprès d'elle que peu de consolation.
_
_ La suite est du même acabit : scène de couple qui tourne à la crise de nerf parce que la ville a décrété une chasse aux "rouquins", préparation d'une beuverie bourgeoise qui finit en tabassage de "gnoufs", crise de paranoïa d'un homme qu'une rixe avec un "basané" va conduire à une vengeance à la carabine. Les situations dénoncent toutes la peur de l'autre et la violence qui en découle. Par peur de l'inconnu, l'humain met des étiquettes sur ce qu'il ne comprend pas et pense ainsi maîtriser. On peut reprocher à Grumberg de forcer le trait : des personnages à ce point caricaturés et dégueulasses, on peut plus facilement s'en dédouaner. Mais le jeu tonique et féroce des quatre comédiens, décuple la méchanceté des personnages, déclenchant un rire terrible, dérangeant. Et parce qu'il étrangle, cet humour-là fait mouche."
_
_ CATHERINE MAKEREEL

Contenus associés