Michel est un menteur invétéré à qui tout le monde ment ; sa femme, sa maîtresse, son meilleur ami. Au prix de beaucoup d'efforts et de mauvaise foi, il parvient à convaincre chacun des inconvénients de dire la vérité et des avantages de la taire. Mais cette vérité, la connaît-il vraiment ? Florian Zeller travaille à brouiller les repères, à jouer avec les silences et l'implicite, à mêler différentes couches d'imaginaire et de réalité, de mensonge et de supposée vérité. Tout cela est bien à l'œuvre ici mais, en plus, nous sommes conviés à un détournement du code théâtral. La Vérité est une véritable comédie qui en utilise les ressorts avec brio. Des adultères croisés aux mensonges maladroits, en passant par les résolutions hasardeuses, elle laisse ses personnages évoluer dans un quadrille particulièrement cocasse. Et pourtant... On ne peut s'empêcher de penser qu'il y a, dans ces situations comiques, des questions qui dérangent. Car si, dans le théâtre de boulevard, le spectateur est souvent le seul qui connaisse toute la vérité - ce qui est d'ailleurs l'une des caractéristiques du comique et du décalage entre le rire de la salle et le sérieux de la scène - il est lui-même mis ici devant ses propres doutes… Avec Marie-Paule Kumps, Marie-Hélène Remacle, Pierre Pigeolet et Michel Poncelet. Mise en scène de Patrice Mincke