« Une femme, silencieuse, les seins vides posés sur les rebords d'une table à manger ». C'est sans doute ce qui servit de point de départ à La Vecchia Vacca, création, obsession, et introspection personnelle autour de l'Italie natale, de la famille et du soleil, le tout garni de Nutella. Trois femmes s'acharnent sur un veau qui meugle, tentant vainement d'échapper à l'inévitable : reproduire, encore et toujours, le schéma de son premier et unique amour ; celui d'une mère. D'un côté, deux vieilles vaches : l'une ne trouve pas le moyen de donner du lait à son enfant, la deuxième n'a plus rien à offrir. De l'autre, une femme enceinte, qui trouve le moyen de ne jamais accoucher. Leur trio renvoie alors à nos propres obsessions, du trop-plein d'amour au manque affectif. Ici, sous toutes formes d'excès, le manque et l'absence du jeune veau deviennent pour ces vaches un enjeu au quotidien. Ici, le corps et ses blessures sont chorégraphiés et rythmés au son des musiques des émissions télévisées italiennes des années 60, et se construisent comme une Follia de Vivaldi. Ici, la narration de La Vecchia Vacca s'élance dans une construction faite d'une succession d'images où le noir, le gris et le blanc des photos du passé évoluent, pour en faire exploser la palette chromatique, gober « la Nutella » et avancer librement.